La nuit où j'ai su qui j'étais.
Il y a des instants dans une vie qui nous marquent à jamais et nous révèlent qui nous sommes dans l’intimité la plus profonde de notre âme. Pour moi, ce moment de transcendance s'est invité lors d’un séjour au Mali en 2009, au cœur du Pays Dogon.
Imaginez un petit village de quelques âmes, blotti au pied d'une grande falaise rocheuse, juste là où commence l'immensité de la plaine et de la brousse s’étendant tout au loin jusqu’au Burkina Faso. Un lieu brut, préservé du bruit du monde, sans électricité et sans eau courante. Seulement l’essentiel.
Un soir, alors que la nuit était tombée et que seule la lumière de la lune éclairait notre campement, des battements de tambour ont commencé à résonner, amplifiés par l'écho des parois rocheuses. Fascinées par ce rythme qu’on pouvait ressentir jusque dans le cœur, une amie et moi sommes parties à la recherche de ce qui l’animait. Guidées par la lune qui nous révélait les formes diffuses des cases et artéfacts témoignant de la vie des âmes de ce village en apparence endormi, nous étions attirées, comme hypnotisées, par ces battements qui nous faisaient vibrer.
Au détour d’une petite place qui faisait office de parvis devant la case servant d’église chrétienne au village, nous avons découvert un spectacle d'une poésie absolue. Au cœur même du village où se côtoient en harmonie les traditions chrétiennes, musulmanes et animistes, une dizaine de fillettes, âgées de 5 à 12 ans, marchaient en cercle. Elles chantaient un hymne dans leur dialecte local, entrecoupé par moment d’un vibrant « Alléluia ». Deux garçons incarnaient l’orchestre, frappant la peau de tambours semblables à de petits derboukas, à un rythme régulier et lancinant. Dong, dong, dong rythmait le pas et les louanges. Ils offraient la structure, les fillettes y insufflaient de l’âme.
Nous nous sommes alors assises en retrait, invisibles dans l'ombre, pour vivre cet instant hors du temps. À ce moment précis, j’ai été profondément touchée. Une émotion à la fois belle et mélancolique, mêlant béatitude et nostalgie, m’a submergée et je me suis mise à pleurer. J'ai pleuré, pleuré, pleuré pendant de longues minutes.
Au milieu de mes larmes, j’ai touché à un instant d’éternité. Comme s’il n’y avait plus de temps ni d’espace, comme si je ne faisais qu’un avec ces énergies de pureté et d’amour que portent la candeur et l’innocence de l’enfance à l’abris du fracas du monde. Une lucidité incomparable m'a habitée alors que j’étais bercée par cet hymne d’allégresse. J'ai regardé mon amie et en pleurant je lui ai dit : « En ce moment, je sais qui je suis. » C’est ainsi que j’ai rencontré mon âme pour la première fois cette nuit-là. Je me suis assise avec elle, et j’ai gouté à sa félicité. J’étais là, dans ce moment qui me rappelait qui je suis. J’étais tout et rien à la fois, j’étais l’immensité et la vastitude de l’âme qui se reconnait dans le grand Tout. J’étais l’âme du monde.
J’aurais voulu que cet instant ne cesse jamais. Il n’y a rien de tel que de savoir et ressentir de tout son être, qui nous sommes vraiment, au-delà des masques, au-delà des conditionnements, au-delà des artifices de la vie, des apparences et des projections.
J’ai néanmoins compris que la vibration du cœur est la porte d’accès à l’âme, et qu’à chaque fois que je suis touchée dans le cœur, chaque fois que je le fais vibrer en étant dans la joie de ce qui m’élève, je reviens à la maison dans l’âme du monde.
Le Mali m’a révélé à moi-même. Et il n’y a aucune forme, si ce n’est que l’Amour, qui puisse me permettre d’être réellement qui je suis.
Parfois, la vie nous plonge dans le noir pour nous obliger à fermer les yeux. C'est dans cette apparente obscurité, lorsque le mental se tait et que les larmes coulent, que l'on recommence enfin à entendre le chant sacré de notre âme, guidé par les rythmes de l’âme du monde.
C'est cette même quête d’authenticité et de connexion profonde que je mets aujourd'hui à votre service chez Nitescence. Laissez-vous toucher par l’Amour. Laissez-le vous révéler qui vous êtes. ♥